Lucette Powa'

Lucette Powa'


Crame-toi bien la gueule en Corse, Lucette d'amour. Et reviens moi vite.



# Posté le jeudi 24 juillet 2008 15:22

Un ciel tout à fait vert.

Et les verres étaient vides
et la bouteille brisée
Et le lit était grand ouvert
et la porte fermée
Et toutes les étoiles de verre
du bonheur et de la beauté
resplendissaient dans la poussière
de la chambre mal balayée
Et j'étais ivre mort
et j'étais feu de joie
et toi ivre vivante
toute nue dans mes bras.


Jacques Prévert.


Rien à voir, mais. J'en suis encore sur le cul, pardonnez l'expression.

Un ciel tout à fait vert.
# Posté le vendredi 18 juillet 2008 09:54
Modifié le samedi 19 juillet 2008 17:47

Les mots pour tenir.

Les mots pour tenir.
Ce n'est pas d'obtenir ce que l'on a recherché qui est euphorisant. Non, c'est cette course, cette introspection, afin de savoir si l'on en est capable. Toutes les manoeuvres et subterfuges créés, inventés, mis en place avec une minutie digne de la plus grande des maniaqueries par notre ego pour arriver à nos fins. L'orgueil et la fierté crus lorsque l'on entrevoit ce quelque chose tant esperé. Le resultat importe peu, cette sorte de chasse, si. La délectation d'envoyer valser ce qu'on a obtenu après tant d'efforts est plus que passionante. Ce désintéressement profond, qui vient de la soudaine trivialité des choses accomplies. Ces choses, ces objets, ces personnes, ces mots que j'ai cherché à posséder, ces mêmes banalités que je hais désormais, car la traque est terminée. Que cela devient lassant quand on a fini de jouer.

Nous ne possédons pas qu'un soupçon d'orgueil. Nous sommes gavés jusqu'aux yeux d'estime de soi. Nous suons la vanité et l'insolence. On nous a offert la jeunesse et nous en avons détruit les plus infimes marques d'innocence. Nous, enfants-roi, nourris à la peur, peur des autres, de la perte de cette arrogance caractéristique, derrière laquelle se cache tout grand frustré. Que nous sommes.
Mais aussi peur de vieillir, qu'elle est violente et grave, cette peur. Peur de perdre cette douce folie synonyme d'inconscience que j'aperçois quelques fois dans ses yeux. Cette envie&angoisse de vivre mêlées.
Alors certains d'entre nous se disent poêtes, pour tuer le temps, imiter les grands, ils sont prêts à écrire sans rage aucune quelques lignes, trois ou quatre mots tout au plus, et se sentent si orgueilleux, à en vomir de fierté.
Contemplatifs de leur propre bétise, à peine conscients des limites de leur maigre cerveau et de leur pauvre esprit.

Mais il en existe d'autres, quelques uns, instables et pour le moins marchant sans cesse sur des braises. Ceux-là même qui la nuit se tordent parfois, sans parvenir à fermer les paupières sous la pression du vide. Ni même à se laver de tous soupçons paranoïaques. Et la rage, cette rage les pousse à griffoner quelques lignes éparses, issues, brûtes, d'un mauvais rêve où planait la folie. Issues, brûtes, de leur encéphale ulcéré. Celui qui avant l'heure leur confère une conscience comme s'ils avaient cent ans.

Notre plus grande erreur, notre plus grande bétise et en même temps notre force est cette insolence, doublée d'une dose de cynisme et d'un bol de sarcasmes. Ce mépris profond des autres, des différents.

Il pleut sur la ville. Il pleut sur la ville, sur la plage, et les grosses gouttes lourdes noient les yeux trop maquillés des pimbêches péroxydées.
Je suis certes méprisante, et méprisable, méchante, amère parfois, taciturne aussi. Mais franche, je crois. Ulcérée. Mes accès de demie rage de sincérité me poussent bien trop souvent à dire les mots que j'n'essaye même plus de ravaler, tant je sais que je ne les maîtriserai jamais.
Pas comme eux.

Mes mots sont du vent. Non, pire que du vent : du sable emmené par le vent. Je parle pour moi, j'écris pour moi. Advienne que pourra. Rien ne me fera perdre cette constante ironie. Il n'y a bien que ça de sûr et régulier, l'ironie.
# Posté le mercredi 16 juillet 2008 14:38
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 06:58

Oubliez ça.

On s'assierait par terre comme quand on était gosses,
On retracerait sur le pavé les étoiles à la craie, les sourires, les marelles,
Entre deux batailles de cerises trop mûres et la tête dans les nuages.
On se chamaillerait parce que tu dirais que celui-ci est un crocodile,
Et je soutiendrai que c'est une baleine.

Un jour ou l'autre, la rue valsera de nouveau et les visages tristes s'effaceront,
On pourra marcher sur les trottoirs jusqu'aux nuages.
La pluie sera brûlante, comme avant, comme avant.
Les gouttes acides troueront la peau épaisse des gens cupides,
Leur carapace volera en éclat, comme avant, comme avant.
Quand tu disais qu'au fond ils étaient bons, sûrement, quelque part.
Les bottes de pluie en caoutchouc, à pieds joints dans les flaques.



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C'est un triste et doux voyage à la fois lorsqu'on ne sait où l'on va. Patati patata. Il faut que je relise mes notes. Mettre en ordre, je crois qu'il vaut mieux pour vous. Oh et puis non. Ca donnait :

Tout a un autre goût. Les aigus sont plus aigus, les graves plus graves, les lumières plus prononcées et les ombres plus obscures. Je ne sais pas si j'aime mais je dépend de cela. Les sentiments sont indiscutables lorsqu'ils sont généreux.
Et sur ma peau rougie par le mauvais vin se gravent des mots mal assortis et non conjugués. Des verbes à l'état brût. Sans conjonction. Les gestes incontrôlés. Il faut tout écrire pour tout décrire au mieux, au pire.
C'est la lutte des classes et des hiérarchies. C'est l'état même d'ivresse qui se renverse pour établir une nouvelle démocratie. Tu griffonnes des pages & des pages. C'est comme cela que ton esprit s'élargit. C'est par l'amour et l'amour seul que tu t'épanouis.
N'est-ce pas magnifique, tout cet amas de gloire mêlé à la substance de l'inconscient. A la frontière & les limites.
C'est une aporie, une guerre sans nom et sans mercie. Où lutte ton corps et ta figure ébahie de trouble-fête insomniaque. C'est comme cela qu'on tue le temps, par l'écriture, et l'observation inlassable de l'âme anachronique, de ce visage sans histoire que tu dois accepter nuit & jour. Tu regardes en toi-même et c'est lui que tu vois. Que tu supportes grâce à lui, lui, lui, lui et Lui seulement. Avec majuscule s'il vous plait.
La frénésie bat son plein, l'hérésie, la folie, le son plein & rond calme trop bien l'ennui des pauvres rustres qui dorment. Déjà. Alors même que le coeur n'a cessé de battre encore.
On pourrait croire qu'elle est là puis plus là, qu'elle est folle mais pas trop, un peu dérangée sur les bords. Mais si elle mord la chair c'est pour laisser des marques, prouver qu'elle existe, malgrès l'infinité des choses qui font qu'elle est inutile, quand on a fait les comptes.
Jamais l'encre noire n'avait stoppé son cours, mais il est vrai que ce soir elle en bat des records. Ces soirs de pleine lune cachée, de plénitude rêvée et de sommeil espéré. Usés à la moëlle de ses os qui ne cessent de se tordre, encore, et encore, et encore. Jusqu'à l'immobilité. Ces envies volages & absurdes. Personne ne devine à quel point je me perd. Pas même lui, le moi du toi du toi du moi. Malgrès moi sans le vouloir, j'ai les yeux dans le vague et je n'ai pas choisi.
Oubliez ça.
# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:18
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 15:22

♪ Love - A House is not a Motel ♪




"Some people drink to forget.
Personally, I smoke to remember", She said.


Tout à fait.



Mrs Madrigal, More Tales Of San Francisco.


♪ Love - A House is not a Motel ♪
# Posté le jeudi 26 juin 2008 13:52
Modifié le jeudi 26 juin 2008 14:23